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20/03/2014

14-14

Pas de note sur l'écriture ce soir. Au lieu de ça, je vais plutôt faire de l'auto-promo et vous présenter ce petit roman pour collégiens (et plus) co-écrit avec Silène Edgar (So', pour les intimes). La sortie est prévue pour le 16 avril, c'est à dire dans... mes aïeux ! dans moins d'un mois !!

 

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En guise de présentation, le "pitch" que nous avions présenté à Castelmore :

Adrien et Hadrien ont treize ans tous les deux, ils habitent la même région, ils ont chacun des problèmes à l'école et avec les filles. Leur seule différence : l'un vit en 2014, l'autre en 1914. Leurs deux vie basculent quand ils s'aperçoivent par hasard qu'ils peuvent s'échanger des lettres par-delà le temps.

06/01/2014

Ecrire à 4 mains

Recette pour réussir un roman à quatre mains

Ingrédients :

-Deux auteurs faits de la même pâte

-Un pitch qui plaît aux deux

-Une rasade d’inspiration

-Une solide dose de rigolade

-Une pincée de relecteurs de bonne volonté.

-Une petite tonne de correction de texte

-Deux conjoints blasés

-Un éditeur-qui-vous-met-un-coup-de-pied-aux-fesses

-Deux abonnements téléphoniques avec appels illimités

 

Choisissez deux auteurs bien mûrs et bien juteux. Mettez-les à mijoter sur Facebook et les forums, ajoutez de généreuses rasades de téléphone, touillez avec le pitch pour obtenir un synopsis sans grumeau, avec une belle consistance brillante.

Laissez mijoter un ou deux mois environ à feu doux dans une casserole de mails. Incorporez d’un seul coup l’éditeur-qui-vous-met-un-coup-de-pied-aux-fesses, puis battez le mélange jusqu’à ce qu’il obtienne une consistance bien ferme, qui attache au pitch.

Ajoutez la rasade d’inspiration et les conjoints blasés, l’un après l’autre, sans cesser de fouetter pour éviter la formation de retards. Puis verser une bonne dose de rigolade, en pluie, dès l’apparition d’un désaccord.

Faites cuire à feu très chaud, mais en évitant le four, si possible.

Une fois le roman terminé, préparez le glaçage en mélangeant la pincée de relecteurs de bonne volonté avec la tonne de corrections. Laissez refroidir à température ambiante.

C’est prêt.

Vous pouvez signer les contrats.

 

Pour dégustez un roman à quatre mains, vous pouvez lire 14-14, à paraître aux Editions Castelmore (label jeunesse des Editions Bragelonne) en avril 2014, signé Paul Beorn, votre serviteur, et Silène Edgar, aussi connue sous le nom de Silène.

04/07/2013

Les dialogues à plusieurs "bandes"

Un bon dialogue, c’est un dialogue où « tout » entre en résonnance. Il fait un joli « tziiiiiiing », vous savez, comme le verre en cristal, quand on tourne son doigt mouillé dessus ?

Oui, je sais, ce n’est pas très explicite.

Par « tout », j’entends que le dialogue doit suivre plusieurs fils à la fois, ou plusieurs bandes, appelez-les comme vous voudrez. On doit pouvoir en faire différentes lectures simultanées.

Ce n’est que mon petit avis à moi, de moi, par moi. Libre à vous de m’envoyer des pistaches à la figure si le cœur vous en dit (j’adore les pistaches).

 

D’abord, un personnage qui parle révèle au lecteur et à son interlocuteur une information utile à la scène : ça, c’est le premier fil, le plus évident, le « premier degré ».

Par exemple :

X : « Tu as peur ? »

Y : « Non, mais j’ai faim. »

Vous savez donc X s’inquiète de savoir si Y a peur. Et que Y affirme que non, mais que, en revanche, il a petit creux. C’est un premier point. Il faut bien commencer par quelque chose.

 

Ensuite, un personnage qui parle révèle sa personnalité ou la renforce aux yeux du lecteur.

X : « Tu as peur ? »

Y : « Non, mais j’ai faim. »

Y n’est pas un trouillard, en revanche, c’est un gros morphalou. Ou peut-être un frimeur.  Ou quelqu’un qui cache sa peur.

Le reste du texte vous a déjà donné des indices sur sa personnalité : ce dialogue la renforce.

 

Et puis, un personnage qui parle révèle ses relations avec les autres personnages : amour, haine, mépris, etc.

X : « Tu as peur ? »

Y : « Non, mais j’ai faim »

X révèle son intérêt pour Y : il veut le protéger, par exemple parce qu’il est son père. Ou le rassurer parce qu’il est amoureux de lui/d’elle. Ou se moquer de lui, car c’est son rival.

Avec le contexte, vous le saurez, et le dialogue « entrera en résonnance » avec cette relation.

 

Et puis, un personnage qui parle révèle une façon de parler ou de penser bien à lui, en rapport avec son histoire ou son milieu social (pas toujours, mais parfois).

X : « Ressens-tu le frisson de la peur ? »

Y : « Non. Ce que je ressens, c’est que j’ai la dalle »

Y révèle une façon de parler familière, peut-être un milieu social mois éduqué. Ce qui peut créer un contraste avec X qui, lui, a un langage plus soutenu.

Hop, cet élément entre en résonnance avec le passé ou l’histoire de chaque personnage.

 

Et puis encore, un personnage qui parle révèle ses propres failles, ses buts. Tout cela va avec sa personnalité, me direz-vous, eh oui, tout s’emmêle, tout entre en résonnance. Je l’ai déjà dit, je crois ? Alors arrêtez de m’interrompre tout le temps, zut quoi.

X « Tu as peur ? »

Y « Non, mais j’ai faim ».

Si Y est un personnage trouillard (si c’est sa faille) ce dialogue montre comment il la traite : il la nie, il la cache par un trait d’humour, il essaye même peut-être de tourner en ridicule ceux qui le mettent à l’épreuve.

 

Et puis, enfin, un personnage qui parle peut révéler les thèmes et les symboles de l’histoire

X : « Tu as peur ? »

Y : « Non, mais j’ai faim »

Y est pâtissier de son état, l’intrigue se déroule dans les cuisines du château, nous sommes à la veille d’un concours international de macarons, le prince a été empoisonné par une tarte aux fraises, nos personnages sont en train de voler dans la réserve de farine d’un concurrent... La réponse de Y fait référence à tout cela, et « entre en résonnance » avec l’univers présenté, la situation et les thèmes principaux.

 

Et voilà !

Enfin, j’en oublie sûrement, j’ai une mémoire de poisson rouge. Mais je pense que vous aurez saisi l’idée : un dialogue raté est souvent un dialogue à une seule bande, plat, coupé du reste, qui n’apporte rien d’autre que lui-même. Au contraire, il doit avoir du relief, il doit exprimer de nombreuses choses à la fois, même en peu de mots.

 

Et comme je suis un tonton plein d’attentions, je vous livre en plus un lien sur l’art d’écrire des dialogues,

En anglais ici : http://blog.nathanbransford.com/2010/09/seven-keys-to-wri...

Traduit en français là : http://tremplinsdelimaginaire.com/cocyclics/phpBB3/viewto...

 

Vous trouverez également la même question, traitée d'une autre manière, dans L'anatomie du scénario de John Truby.