02.11.2009

1) La seule bonne raison d'accepter la critique

Je vais tâcher de vous donner mon point de vue sur l'ART D'ACCEPTER LA CRITIQUE, en 7 points. Aujourd'hui : la seule bonne raison d'accepter la critique.

 

 

Vous avez l'intention de progresser, dans votre texte et dans votre manière d'écrire ? Alors vous n'avez pas le choix : il va falloir affronter le regard d'un lecteur critique et en tirer le meilleur parti.

Pourquoi ?

En gros, je répondrais par « on voit la paille dans l'œil de son voisin, mais pas la poutre dans le sien », je pense que c'est assez clair.

Maintenant, si vous voulez garder vos textes pour vous parce que vous considérez que :

  • 1) c'est trop intime pour être partagé,
  • 2) vous avez la trouille du regard des autres,
  • 3) tout ce dont vous avez envie, ce sont des compliments...

Alors ce n'est pas la peine de lire la suite.

Mais si l'impérieuse urgence de progresser est plus forte en vous que tout ce fatras, jetez vous à l'eau et tant pis si elle est froide.

25.09.2009

La plus grande qualité de l'écrivain

Aujourd’hui, je vais vous parler du moral de l’auteur amateur.
Vous avez l’impression que vous écrivez comme un pied ?
Vous avez été refusé par le dernier appel à texte / concours de nouvelles ?
Vous venez de recevoir une lettre de refus standardisée ?
Un de vos amis n’a pas aimé votre texte / un de vos bêta vous a descendu en flamme -et gentiment en plus, le salaud ?
Vous vous demandez à quoi ça vous a servi jusqu’ici de passer des heures à écrire ?
Laissez-moi vous dire quelque chose : c’est normal.

Vous ne serez jamais édité ? Peut-être.
Vous n’écrirez jamais comme un Dieu ? Sans doute.
Mais quelque chose me dit que même si vous aviez gagné ce concours de nouvelles, vous auriez quand même un coup de blues dans quelques mois. Mettons même que vous soyez publié, il y a des chances pour que ce soit une déception parce que c’est une petite maison, que vous ne vendez pas assez d’exemplaires, que vous resterez à peu près inconnu. D’ailleurs, si vous devenez connu, vous ne le serez jamais autant que Marc Lévy ou que Zidane. Et puis Zidane, il y a sûrement des jours où il préfèrerait être un inconnu...

Alors arrêtez de déprimer, faites comme le bateau Playmobil de mon petit garçon : même si parfois une force mystérieuse et irrésistible vous pousse vers le fond, sachez remonter à chaque fois.

Il en faut des qualités pour être écrivain, du talent, de l’intelligence, des connaissances, de la chance, mais croyez-moi, on peut se passer de certaines d’entre elles. La plus importante, la seule dont on ne peut pas se passer, c’est la persévérance.
Je sais, ça sonne un peu cliché, mais je n'y peux rien : c'est vrai.

Alors bloup, faites-moi remonter ce bateau Playmobil à la surface après chaque tempête.

28.08.2009

Testé pour vous : faut-il relancer les éditeurs ?

(je prie les habitués de Cocyclics de me pardonner, cet épisode a déjà été relaté sur le forum)

 

Alors voilà.

Quand on a écrit un roman, qu'on l'a relu, re-relu, re-re-relu, qu'on l'a fait corriger par d'autres, qu'on l'a relu, peaufiné, dégraissé, subtilifié, relu, et encore relu... Il y a un moment où fatalement, ça vous prend : vous avez envie de l'envoyer aux éditeurs.

C'est idiot, je sais, mais je n'ai jamais prétendu que j'étais malin.

J'ai donc envoyé mon manuscrit le 15 octobre dernier à 21 éditeurs. Je vais vous exposer ici le résultat de cette entreprise : les trois premiers mois, j'ai eu 12 réponses négatives et les sept mois suivants, rien. Pour les 9 autres, aucune nouvelle.

Au bout de dix mois, j'ai fait ce que je n'aurais jamais pensé faire un jour : je suis venu grossir les rangs de ces abominables auteurs qui appellent les maisons d'éditions pour savoir où en est leur manuscrit. Je suis donc passé à l'attaque, téléphone en main et cœur battant.

   1) premier éditeur (un gros)

Une dame charmante m'a dit qu'elle allait se renseigner et me rappeler. J'ai dit poliment merci et j'ai pensé « cause toujours, tu ne rappelleras jamais. »

   2) deuxième éditeur (un gros)

Au bout du fil : un commissariat de quartier de la région parisienne. Malin l'éditeur.

   3) troisième éditeur (un gros)

On m'a dit : Lui : « Tiens en effet, dix mois, c'est anormal »

Moi : « Ben euh oui » (certes, je n'ai pas fait preuve d'une grande éloquence, mais mettez vous à ma place aussi...)

Lui : « Ah mais en effet, je vois votre titre à l'écran ; il est bien arrivé en octobre et il y a un point d'interrogation. »

Moi (plein d'espoir) : « Hum hum, ah bon, vraiment ? Et qu'est-ce que ça veut dire, exactement ? »

Lui : « Qu'il n'a pas encore été lu, que c'est une erreur, on a dépassé nos délais. »

Moi : « Oh. Je vois. » (un vague de déception m'a submergé)

Lui : » Je vais le passer en lecture en priorité. »

Moi : « Merci beaucoup monsieur, au revoir monsieur »

   4) Quatrième éditeur (un gros)

Lui : « Oui, il est bien arrivé en effet. »

Moi : « Ah. Et alors ? »

Lui : « Il n'a pas encore été lu. »

   5) Cinquième éditeur (un petit)

« Le numéro que vous demandez n'est pas attribué, veuillez consulter le service des renseignements... »

Celui là avait une bonne raison de ne pas répondre : il avait coulé entretemps. Et un éditeur crevé, un.

   6) Sixième éditeur (un petit)

« Vous êtes bien sur le répondeur de... Veuillez laisser un message et nous vous contacterons dès que possible »

Finalement, j'envoie un mail, on me répond dans la journée : le manuscrit n'a pas encore été lu.

   7) Septième éditeur (un gros)

Celui-là n'indique aucun numéro de téléphone sur son site.

Je laisse un e-mail, à ce jour sans réponse.

   8) Huitième éditeur (un gros)

Elle : « Je suis désolée, nous n'avons plus personne au service manuscrit depuis 6 mois. »

Moi (je lui donne le titre)

Elle : « Nous n'enregistrons plus les manuscrits à leur arrivée, ils sont stockés en attendant... »

Moi : « Ah bon » (je n'en mène toujours pas large)

Elle : « Rappelez fin septembre, il y a aura peut-être de nouveau quelqu'un au service manuscrit et je pourrais vous faire une réponse moins triste. »

   9) Le 9ème(un petit) : comme le 7ème

 

Le lendemain, la dame du premier me rappelle ! Ô miracle !

«  je suis désolée, je n'ai retrouvé aucune trace de votre manuscrit, j'ai cherché partout, il a dû se perdre, ça arrive souvent. »

Elle s'est excusée platement.

 

Les quelques conclusions que j'en tire, dans l'ordre d'importance :

1) Les gens que j'ai eu au téléphone étaient tous absolument charmants et je ne regrette pas une seconde ma démarche.

2) 2 éditeurs sur 21 ont disparu en 10 mois. Gloups. (le deuxième était dans les 12)

3) Euh... J'en suis sorti un peu déprimé.

Question, juste comme ça en passant, qui me vient à l'issue de cette expérience : les 12 qui ont répondu avant trois mois, ils l'ont vraiment regardé, ce manuscrit ? Notez que je ne dis pas "lu", je ne suis pas naïf, juste regardé ?

 

Je ne sais pas vous, mais moi, je me dis que la recherche de nouveaux talents n'est pas tout à fait la grande priorité des éditeurs... Je sais, on va me dire, « ils en reçoivent des milliers », oui, les melheureux, je le sais bien... Mais... et si je vous disais que je trouve quand même le résultat assez attristant ?

Peut-être que les éditeurs devraient laisser ce boulot-là à des agents littéraires.